Restons discret, pour une fois.
Le général de Gaulle, après 18 mois de pouvoir battu en brèche par les communistes et par les syndicats, se retire. Tous pensaient que ce n'était qu'une retraite tactique. Mais c'était sans compter sur la politique politicienne. Sa retraite durera 12 ans.
Il avait fallu 4 ans à Charles de Gaulle pour devenir le leader incontesté de la France libre.
Cinq jours après le débarquement des forces anglaises, américaines et canadiennes en Normandie (juin 1944), de Gaulle débarqua à Courseulles. L'accueil qu'il reçut sur le sol français établit définitivement sa légitimité aux yeux des Américains, qui durent renoncer à l'établissement d'une administration alliée pour gouverner la France jusqu'à sa libération totale.
Le 26 août 1944, de Gaulle descendit les Champs-Élysées en compagnie des chefs de la Résistance intérieure, acclamé par un million de Parisiens. Trois priorités s'imposaient à lui et à ceux qui l'entouraient : achever la libération du territoire, affirmer la présence de la France dans les négociations de paix, restaurer l'unité nationale et la volonté de reconstruire dans un pays profondément affecté par quatre ans d'occupation, en rétablissant l'autorité du pouvoir central et en permettant l'application du programme élaboré par le Conseil national de la Résistance.
Le 3 septembre 1944, de Gaulle prit la tête d'un gouvernement provisoire dans lequel entrèrent six ministres communistes, aux côtés de membres du Mouvement républicain populaire (MRP) et de socialistes, formule dite du "tripartisme", qui perdura jusqu'en 1947. Durant cette période, le gouvernement présida à une série de nationalisations (Renault, p.ex.) et de grandes réformes sociales. Craignant un retour aux institutions et aux pratiques de la IIIe République (division des partis, instabilité ministérielle, parlementarisme), de Gaulle proposa un projet de Constitution renforçant le pouvoir exécutif et dut faire face à l'opposition d'une majorité de l'Assemblée heurtée par ses conceptions "présidentialistes".
Après avoir été confronté à plusieurs crises avec les partis, le président du gouvernement choisi par la première Assemblée constituante finit par se convaincre que ses options étaient inconciliables avec celles de la classe politique, et il démissionna brusquement de toutes ses fonctions le 20 janvier 1946. Ses proches lui assuraient que la France aurait accepté un coup de force et la dictature, mais il était trop respectueux des institutions pour écouter les sirènes
Sa retraite durera jusqu'en 1958, à l'occasion de la d&eac