Naissance royale, encore une !
La naissance du Roi d’Espagne, Juan Carlos.
Petit-fils du roi Alphonse XIII, fils de don Juan de Bourbon, futur comte de Barcelone et prétendant au trône à la suite de l'effacement de ses frères aînés et de Maria de Las Mercedes de Bourbon et Orléans, princesse des Deux-Siciles, Juan Carlos est né à Rome où sa famille vivait en exil depuis 1931, date de l'instauration du régime républicain.
Après la promulgation en 1947 du Manifeste déclarant l'Espagne royaume catholique et faisant du général Franco son chef (caudillo), tout en ménageant l'avenir du principe monarchique, une rencontre secrète eut lieu entre le chef de l'État et le comte de Barcelone, au cours de laquelle ce dernier fut autorisé à envoyer son fils en Espagne pour qu'il y poursuive ses études et sa formation militaire. Ce geste faisait du jeune prince l'un des successeurs possibles du chef de l'État, qui désirait donner toutes ses chances à un éventuel retour de la dynastie des Bourbons, tout en choisissant le moment où il se dessaisirait du pouvoir.
En 1962, le prince Juan Carlos épousa la princesse Sophie de Grèce, fille du roi Paul Ier et sœur du futur roi Constantin II. Le couple eut trois enfants, les princesses Hélène (née en 1963) et Christine (née en 1965), et le prince Philippe (né en 1968), devenu officiellement l'héritier du trône à l'âge de dix-huit ans.
En 1969, après avoir prêté serment devant les Cortes, Juan Carlos fut reconnu comme "prince d'Espagne" et héritier de la couronne. Dès lors, il remplit diverses obligations officielles et, en 1972, suppléa même le général Franco, malade, pendant quelques mois. Chef provisoire de l'État pendant l'agonie du dictateur, il prêta serment deux jours après la mort de celui-ci, le 22 novembre 1975.
Refusant de s'appuyer sur les forces conservatrices qui voulaient pérenniser l'héritage du franquisme, il prit rapidement une série de mesures symboliques (amnistie des prisonniers politiques, légalisation du Parti communiste) qui manifestaient son ambition de faire de l'Espagne un régime démocratique. La nouvelle Constitution, promulguée en 1978, créait une monarchie parlementaire, ne reconnaissait plus le catholicisme comme religion d'État et consacrait les principales libertés, ainsi que, par exemple, le droit à l'avortement.
En février 1981, lors de la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero, qui, avec 200 gardes civils, occupa les Cortes pendant deux jours, l'attitude extrêmement ferme du monarque, manifestant son attachement aux nouvelles institutions, lui valut une immense popularité.
Lauréat en 1982 du prestigieux prix Charlemagne, récompensant son engagement européen, le roi, qui a également marqué son souci de renforcer les liens de l'Espagne avec l'Amérique latine au nom de l'identité hispanique, a su accompagner la modernisation économique, culturelle et sociale du pays, en parfaite intelligence avec le Premier ministre socialiste, Felipe González, en fonctions de 1982 à 1996.Cam.
Remerciements à Cam
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