LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


22 FÉVRIER


1932


Le troisième K.

La naissance d’un "présidentiable" après deux autres, Edward Moore Kennedy, frère de John et de Robert.

Les deux frères cadets du président Kennedy jouent, dans l’histoire des États-Unis, un rôle de premier plan. Robert Francis Kennedy est né le 20 novembre 1925. En 1960, John Kennedy décide de se présenter à l’élection présidentielle. Robert, déjà célèbre comme sénateur, organise la campagne ; le succès de son frère est un peu le sien. Les deux hommes ont besoin l’un de l’autre : John installe Robert au département de la Justice (attorney general ), où il pourra imposer aux conservateurs du Sud la déségrégation raciale.

Après l’assassinat de son frère (1963), il devient le candidat le plus sérieux à la Maison Blanche. Mais le 6 juin 1968, peu après minuit, à l’hôtel Ambassador de Los Angeles, où l’attendent ses partisans, il est atteint de plusieurs balles de revolver, tirées par Sirhan B. Sirhan, un immigré d’origine palestinienne, qui lui reproche ses sympathies pour Israël. La mort de Robert Kennedy, dans des circonstances analogues à celles de son frère, fait de lui un martyr de la cause libérale aux États-Unis.

Edward Moore Kennedy est né le 22 février 1932 à Brookline dans le Massachusetts, c’est le plus jeune des garçons de la famille Kennedy. C’est aussi celui sur lequel les jugements les plus contradictoires ont été prononcés. Sa carrière politique est facilitée par ses relations familiales, mais également par ses talents ; Joseph Kennedy, son père, disait de lui qu’il était " le meilleur politicien " du clan.

Diplômé de Harvard, il mène des études de droit à La Haye et à l’université de Virginie. En 1962, il conquiert le siège de sénateur du Massachusetts que son frère, John, avait occupé. Son activité sénatoriale reste discrète, d’autant plus qu’en 1964 il est victime d’un accident d’avion qui le confine sur un lit d’hôpital pendant plusieurs mois.

On parle de plus en plus de lui après l’assassinat de Robert Kennedy. John n’avait-il pas déclaré un jour : " Je suis entré dans la politique parce que Joe est mort. S’il m’arrive quelque chose, Bob prendra la place. S’il arrive quelque chose à Bob, Ted prendra le flambeau " !

De fait, celui-ci joue les premiers rôles au Sénat et se pose en sérieux prétendant à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle. Mais une tragédie vient assombrir l’avenir du dernier Kennedy : le 19 juillet 1969, l’une de ses secrétaires, Mary Jo Kopechne, se noie, après une soirée passée avec des amis et Edward Kennedy, au large de la petite île de Chappaquiddick (Massachusetts), et Edward, qui était aux commandes, n’a rien fait pour tenter de la repêcher. Sa carrière politique est sur le point de tourner à la catastrophe : il fait, grâce à une allocution télévisée dans laquelle il admet ses torts, un étonnant rétablissement.

Réélu au Sénat en 1970, il ne sera pas candidat à la présidence de 1972. Pourtant, Edward Kennedy n’en demeure pas moins un sénateur sérieux, dont les votes et les initiatives le classent parmi les libéraux. Il appuie les projets de loi qui visent à assurer les droits civiques aux Noirs, à combattre la pauvreté, à contrôler la vente des armes, à étendre le bénéfice de la sécurité sociale. Peu à peu, la personnalité se dessine, et Edward Kennedy, candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 1980, recueille assez de voix aux primaires pour inquiéter Jimmy Carter, qui se représente. Il demeure, au Sénat, une figure de proue du Parti démocrate.

Cam.

Remerciements à Cam


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