Une gaffe !
L’interdiction d’un banquet d’électeurs républicains provoque des émeutes, prémices d’une Révolution.
Depuis la Révolution de 1830 qui a mis sur le trône de France Louis-Philippe 1er, fils du Duc d’Orléans, la France connaît plusieurs crises, sociales, économiques et même ouvrières.
Mais l’opposition est muselée et le système électoral censitaire ne permet pas aux revendicateurs d’entrer dans le système parlementaire. Ne pouvaient voter que les citoyens payant un impôt (le Cens) de 500 F. A 1000F. de Cens, il n’y avaient en France que 90000 électeurs et 15000 éligibles sur près de 30 millions de français).
La censure et l’interdiction des réunions électorales pousse les opposants à adopter un système original en France : des banquets où sont bien sûr conviés les partenaires politiques. Plusieurs dizaines de banquets sont ainsi tenus à Paris et en provinces. Mais le Ministère se raidit et ne veut pas entendre parler du suffrage universel. La dynastie blâme les " banquettistes " et " leurs passions aveugles ". Les banquets sont interdits. Si les opposants dynastiques se soumettent, de même que les Libéraux, les Radicaux (Lamartine, Ledru-Rollin …) organisent une manifestation de protestation. 50 députés (sur 250) déposent une motion de défiance et même de mise en accusation des ministres du gouvernement.
Les ouvriers s’agitent et se heurtent aux Gardes Nationaux. Des barricades s’élèvent. Des agitateurs affluent de la grande périphérie. Le calme revient, mais le silence est lourd de menaces ; demain, ce sera la Révolution.
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 22 février