Abolition, mais ...
La Convention abolit l’esclavage dans les colonies françaises, le 16 Pluviôse An II (4 février 1794).
En Grande-Bretagne, l'abolitionnisme en tant que force organisée s’était constitué dans les années 1780, sous l'impulsion de William Wilberforce et d'un groupe de riches anglicans évangélistes, qui militaient contre la traite des Noirs. Ils s’opposaient violemment aux principes capitalistes en développement à cette époque et donc aux colons.
En France, l'abolitionnisme trouva sa justification dans le mouvement des droits de l'Homme. Les philosophes du siècle des Lumières condamnèrent unanimement l'esclavage. Certains, comme Diderot, allèrent plus loin en condamnant la colonisation. Une Société des Noirs fut créée en 1788, mais le mouvement n'intéressait alors qu'une part infime de l'opinion. En 1794, sous la pression des révolutions nègres à La Guadeloupe, et sous le Conseil des Commissaires envoyés par la Convention, celle-ci vota un décret abolissant l'esclavage. Mais ces mesures furent de courte durée. En effet, en 1802, Bonaparte rétablit l'esclavage.
En Grande-Bretagne, Wilberforce réussit à obtenir gain de cause, et en 1807, la traite fut abolie. En 1831, les esclaves de la Couronne furent affranchis. En 1833, une loi d'émancipation générale fut adoptée par le Parlement.
En France, le processus fut plus lent. Lors des Cent-Jours, Napoléon décida finalement la suppression de la traite.
Mais les abolitionnistes, regroupés au sein de la Société de morale chrétienne et de la Société pour l'abolition de l'esclavage, étaient divisés sur l'urgence de la question. Pour le plus virulent d'entre eux, Victor Schoelcher, l'abolition de l'esclavage allait de pair avec la revendication du suffrage universel. Il fallut néanmoins attendre la chute de Louis-Philippe pour que l'esclavage soit aboli (18 avril 1848).
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