LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


21 DÉCEMBRE


1375


Mort du poète italien Boccace.

Il semblerait que Boccace, de son vrai nom Giovanni Boccacio soit né à Paris, fruit d'une union illégitime entre son père, un marchand florentin, et une femme de la noblesse française. Élevé à Florence, il fut envoyé à Naples vers 1323 pour y suivre des études de comptabilité qu'il abandonna au profit du droit canon, des études classiques et scientifiques. Il trouva sa place dans la cour de Robert d'Anjou, roi de Naples, et il semble même qu'il eut pour maîtresse la fille illégitime de ce roi, Maria de Conti d'Aquino, peut-être la fameuse Fiammetta qui revient si fréquemment dans l'œuvre de Boccace. En 1340, il retourna à Florence où il fut chargé de plusieurs missions diplomatiques par les autorités de la ville. En 1350, il rencontra le poète et humaniste Pétrarque avec lequel il entretint une longue amitié jusqu'à la mort de ce dernier, en 1374. En 1362, Boccace se rendit à Naples, sur l'invitation d'un ami qui lui promettait la protection de Jeanne Ire, alors à la tête du royaume napolitain. Cependant, l'accueil fut si froid qu'il alla à Venise demander l'hospitalité à Pétrarque (1363) qui non seulement l'accueillit mais lui offrit une maison. Boccace refusa avant de rentrer chez lui, à Certaldo, près de Florence. Au cours des dernières années de sa vie, il se consacra à la méditation religieuse et eut la joie de se voir chargé officiellement de conférences sur Dante (1373). Malheureusement, la maladie le contraignit à arrêter son activité en 1374. Il mourut l'année suivante, le 21 Décembre 1375. L'œuvre majeure de Boccace demeure le " Décaméron " (Il Decamerone) qu'il commença en 1348 et acheva en 1353. Boccace y évoque tout d'abord l'histoire de dix amis, sept femmes et trois hommes "de valeur, bien éduqués et discrets", qui se sont réfugiés dans une villa de campagne, aux environs de Florence, afin d'échapper à une épidémie de peste qui sévit en ville. Pour se distraire tout au long des dix jours de leur retraite, ils se racontent des histoires à tour de rôle : ces histoires constituent les fameuses cent nouvelles pleines d'esprit, contées dans l'ouvrage. À chaque fin de journée, l'un des dix protagonistes chante une canzone et, lorsque s'achève la centième histoire, les amis rentrent chez eux. Le Décaméron est l'une des plus belles manifestations de la Renaissance italienne, en littérature. Sans même parler des canzoni, avec lesquelles Boccace atteint le sommet de son art, les histoires qui le composent sont aussi variées que riches et le ton employé passe avec finesse de la solennité à l'humour truculent. La maîtrise de l'écriture est parfaite et l'étude des personnages dénote une grande sensibilité. Pour composer cette œuvre, Boccace s'est inspiré à la fois des fabliaux français, des textes de l'Antiquité grecque et romaine, du folklore et de sa propre observation de la vie italienne. Le Décaméron rompt avec la tradition littéraire en ce sens où, pour la première fois au Moyen Âge, l'homme est présenté non plus comme totalement dépendant de la volonté divine mais comme le maître de sa destinée.

Cam.

Remerciements à Cam


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