Il pensait, mais il n'est plus !
Ce 25 août vit donc la mort, à Weimar, d'un géant de la pensée, Friedrich Nietzsche (né le 15 octobre 1844 en Prusse). Mais saviez-vous que le philosophe était également musicien, et que la réflexion sur la musique fut un des thèmes fondateurs de sa pensée ? Les lignes suivantes proviennent d'ailleurs en partie d'un dictionnaire de musique. Admirateur précoce de Richard Wagner (voir aussi le message sur les musiciens du jour), il mentionne, dans "Die Geburt der Tragödie" ("La naissance de la tragédie", 1872), "Tristan" comme l'exemple d'un opéra dionysiaque destiné à bouleverser la civilisation occidentale. Quatre ans plus tard, en 1876, son essai "Richard Wagner in Bayreuth" constitua un véritable manifeste du wagnérisme. Mais l'inauguration du théâtre de Bayreuth la même année le déçut profondément, changeant du même coup son admiration en une aversion désormais irréductible. Aux "ténèbres nordiques" (wagnériennes, et plus généralement allemandes), Nietzsche opposa, par la polémique, le Bizet méditerranéen de "Carmen" dans trois écrits de 1888, "Der Fall Wagner" ("Le cas Wagner"), "Götzendämmerung" ("Le crépuscule des idoles") et "Nietzsche contre Wagner". L'importance de l'oeuvre de Nietsche par rapport à la musique ne réside pas dans l'élaboration d'une nouvelle esthétique musicale (il se réfère essentiellement à Schopenhauer), mais dans le fait que la musique, comme la tragédie grecque, constitua pour lui une stimulation à pénétrer dans l'essence de la pensée occidentale et à en critiquer radicalement schémas et structures. Face à cette conception métaphorique et emblématique de la musique, l'activité de Nietzsche comme compositeur amateur peut paraître secondaire. Il laisse des lieder, des sonatines pour piano et un poème symphonique
Olga
Remerciements à Olga et à son site musical http://www.musique-renaissance.com
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 25 août