Révolte des esclaves en Haïti.
A la fin du XVIIIème siècle, Saint-Domingue était considérée comme la colonie la plus florissante du monde entier. 31.000 blancs (français essentiellement, possèdent près de 500.000 esclaves. Cette prospérité recouvre pourtant des contradictions profondes qui vont entraîner la disparition du régime esclavagiste en 1793 et celle du système colonial en 1804. Soumis à l'enfer des rapports de production esclavagiste, les Nègres de Saint-Domingue tentent de résister par divers moyens : suicides, infanticides, avortements, incendies d'habitation, empoisonnements, sabotages de la production et insurrections. Les colons infligent toutes les formes de supplices, même les plus inimaginables, pour " contenir " les Nègres et les obliger à subir les conditions inhumaines du système esclavagiste. Les sources fournissent des exemples accablants : plomb fondu coulé sur les plaies vives, émasculation, Nègres jetés vivants dans des fours ou dévorés par des chiens dressés à cet usage... Toutes ces sources stigmatisent la cruauté des colons français en rappelant quelques-uns de leurs supplices favoris. Malgré ces châtiments corporels, malgré le sadisme des maîtres et de leurs rejetons, des Nègres esclaves s'efforçaient de rompre avec leur assujettissement. Cette rupture avec le système esclavagiste s'opérait par le biais du marronnage. Les cimarrons un terme indigène s'appliquant aux Nègres fugitifs partaient se réfugier dans les montagnes, dans les forêts inaccessibles. Ils vivaient en groupe dans des villages disséminés dans la région du Cap au Nord et au Nord-Est, dans le Sud (communautés de la Selle, du Cul-de-Sac et de la Hotte). Leurs chefs dans le Nord se faisaient connaître : Colas Jambes Coupées, Noël, Polydor, Télémaque Conga, Isaac et Pyrrhus Candide. Pour traquer ces Nègres cimarrons, l'administration coloniale organisa un corps spécial de la maréchaussée. Malgré la répression féroce qui ne les épargnait pas (Makandal supplicié au Cap en 1758), ce sont ces bandes de Nègres marrons qui, utilisant leurs connaissances africaines (vaudou), vont être les premières à s'orienter vers un processus de destruction du système esclavagiste, qui implique une phase d'indépendance et de rappropriation de leur identité physique et nationale. Dans la nuit du 22 Août 1791, ce sont eux qui allument la grande insurrection des Nègres esclaves, près de Morne-Rouge. Les Nègres révoltés ont pour chef un prêtre vaudou, Nègre marron, le fameux Boukman entouré de ses lieutenants Romaine le prophète, Hyacinthe, Biassou, Jean-François. Elle sera férocement réprimée. Car la volonté d'autonomie se heurtait aux intérêts de la bourgeoisie française (négociants, armateurs des ports) accrochée à la possession exclusive des " gens de couleur " et des Nègres esclaves.
Cam.
Remerciements à Cam
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