LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


18 AOÛT


1850


Mort de l'écrivain français, Honoré de Balzac.

Prométhée, Protée, homme à la robe de bure, créateur halluciné immortalisé par Rodin, Balzac a suscité toutes les imageries et toutes les gloses. L'oeuvre immense vit, de réédition en réédition : elle est traduite et lue dans le monde entier et la télévision lui a redonné, plus que le cinéma, peut-être, une nouvelle fortune. La prodigieuse vitalité de cette vie aux multiples entreprises et au gigantesque travail littéraire se développe sur le terrain d'une famille bourgeoise représentative des ascensions de ce temps de mutations. La famille du père, né Balssa, est une famille de paysans du Tarn. Le père, Bernard-François, petit clerc de notaire, monte à Paris à vingt ans et finit comme directeur des vivres aux armées. La mère, née Laure Sallembier, appartient à une famille de passementiers-brodeurs parisiens. Quand Balzac naît à Tours le 20 mai 1799, le père a cinquante-trois ans et la mère vingt et un. Balzac est l'aîné de quatre enfants : Laure, la soeur bien-aimée, naît en 1800 ; Laurence en 1802 ; Henri-François en 1807, vraisemblablement fils naturel de M. de Margonne, le châtelain de Saché. Bachelier en droit, d'abord clerc de notaire et clerc d'avoué à Paris, Balzac décide, à vingt ans, de se consacrer à la littérature. C'est en effet sa principale occupation de 1820 à 1824, puis de 1829 à 1848, deux ans avant sa mort. Mais, de 1824 à 1828, et pendant tout le reste de sa vie, parallèlement à l'oeuvre littéraire, les entreprises de tout ordre se sont succédé. En 1825, l'édition. En 1826, l'imprimerie. En 1827, une société pour l'exploitation d'une fonderie de caractères d'imprimerie. C'est l'échec ; ce sont, déjà, les dettes. Après le retour à la littérature, les années 1829-1833 sont des années d'intense activité journalistique. Des ambitions électorales se manifestent en 1831. En 1836, c'est l'entreprise malheureuse de la Chronique de Paris , revue éphémère. En 1838, désireux d'exploiter une mine argentifère, Balzac part pour la Sardaigne, mais, quand il arrive, la place est déjà prise. En 1839, il devient président de la Société des gens de lettres ; il milite pour tenter de sauver le notaire Peytel, accusé du meurtre de sa femme, et qui est condamné à mort par les assises de Bourg. En 1840, il lance la Revue parisienne : c'est un échec. En 1848, il se porte candidat à la députation. Quant à ses candidatures à l'Académie française, elles sont toujours restées sans succès. Les éléments marquants de sa vie personnelle ont été l'absence d'affection maternelle, l'amitié pour sa soeur Laure, la tristesse ressentie à la mort de sa soeur Laurence, à vingt-trois ans, après un mariage malheureux, l'irritation de voir Henri-François, le frère incapable, toujours adulé par la mère. On ne sait pas quelles informations précises Balzac a pu recueillir sur l'oncle paternel guillotiné à Albi pour l'assassinat d'une fille de ferme. Une longue amitié platonique le lie à Zulma Carraud. Ses amours ont été nombreuses, mais ce qui a surtout marqué sa vie, c'est sa liaison avec Laure de Berny, la Dilecta (de vingt-deux ans plus âgée), qu'il rencontre en 1822. Il rencontre en 1825 la duchesse d'Abrantès (de quinze ans plus âgée) et mène avec elle une longue liaison. Le long roman avec l'" Étrangère ", Ève Hanska, riche propriétaire d'Ukraine, dont il reçoit une lettre, postée à Odessa, en 1832, qu'il rencontre pour la première fois à Neuchâtel en 1833, qu'il revoit ensuite épisodiquement pendant dix-sept ans, jusqu'au mariage en 1850. Et le 18 Août, prématurément vieilli par une vie trop bien remplie, Balzac meurt rue Fortunée, à Paris (aujourd'hui rue Balzac). Son oeuvre, elle est multiforme (40 volumes de près de 1.000 pages en édition moderne, écriture serrée). Chacun peut ouvrir un dico et s'en rendre compte. Mais il faut au moins retenir l'oeuvre de sa vie " La Comédie humaine ". Il peint essentiellement les hommes de son temps, l'histoire de la société, les deux bourgeoisies, l'aristocratie, la banque et la finance. Mais il ne néglige jamais l'individu qui vit l'Histoire et en est parfois écrasé. Il sait sonder les âmes, découvrir des fêlures, des souffrances inconnues, des humiliations des faiblesses secrètes. Et cet individu, il l'aime. Il est plein de charité pour ses héros.

Cam.

Remerciements à Cam


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