Mort d'un criminel de guerre nazi, dauphin d'Hitler, Rudolf Hess.
Né en 1894, petit-fils d'un émigré allemand en Égypte qui monte un commerce de gros à Alexandrie, Rudolf Hess fait ses études au lycée français de cette ville, puis est envoyé en Allemagne. À quinze ans, son père l'oblige à embrasser la carrière commerciale afin qu'il puisse un jour lui succéder. En 1914, Rudolf Hess s'engage dans le 1er régiment bavarois d'infanterie. Blessé deux fois, puis devenu brillant pilote dans l'aviation, il est lieutenant en 1918. Démobilisé au début de 1919, Hess vient à Munich où gronde la révolution communiste, mais où les pangermanistes bavarois tiennent encore le haut du pavé. C'est là qu'il rencontre Dietrich Eckart, journaliste et écrivain qui l'introduit dans la société Thulé (loge pangermaniste et antisémite), où il fait la connaissance d'Alfred Rosenberg. À l'université, il suit les cours de géopolitique. En 1920, Hess entend un discours de Hitler, qui provoque en lui un bouleversement quasi religieux : il vient de rencontrer le " chef spirituel germanique " qu'il attendait. Il va vivre désormais pour et par Adolf Hitler. Après le putsch manqué des 8 et 9 novembre 1923 à Munich, Hitler et Hess se retrouvent dans la prison de Landsberg, où Hitler va écrire Mein Kampf , tapé à la machine par Hess. Secrétaire privé de Hitler de 1924 à 1932, Hess devient alors président de l'administration du Parti national-socialiste ; puis, ministre du Reich en 1933, il est nommé officiellement, en 1935, représentant personnel du Führer, qui le présente en 1939 comme son successeur. Sans prétention au pouvoir, Hess s'efforce, souvent en vain, de régler les différends qui séparent les leaders ambitieux du parti. Partisan convaincu d'une entente anglo-allemande, il déplore le conflit qui oppose les deux pays. Il tente de prendre divers contacts avec Londres, en 1940, pour conclure la paix. À la veille de l'invasion de l'U.R.S.S., le 10 mai 1941, il s'envole pour l'Angleterre à bord d'un Messerschmitt 110 et atterrit en Écosse sur les terres du duc de Hamilton, dont il avait fait la connaissance lors des jeux Olympiques de Berlin en 1936. Il offre de négocier une paix entre l'Angleterre et l'Allemagne, mais Churchill le fait arrêter avant tous pourparlers politiques. Soumis à de rudes interrogatoires, à une détention tracassière, Hess tente de se suicider. Il présente bientôt des troubles psychiques assez nombreux. Mais la réalité de son aliénation mentale n'est pas attestée. Quoi qu'il en soit, après la capitulation allemande, il est amené à Nuremberg pour y être jugé par les membres du tribunal militaire international. En 1946, il est condamné à la détention perpétuelle. Il fut alors incarcéré dans la prison de Spandau, à Berlin, où il resta seul prisonnier jusqu'à sa mort. Il s'est suicidé le 17 août 1987.
Cam.
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