LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


14 AOÛT


1947


Aboutissement d'un long mouvement de Panislamisme, à la création du Pakistan.

Ce mot a été créé à la fin du XIXème siècle pour exprimer l'idée d'une cohésion défensive de la communauté musulmane contre les ambitions des puissances européennes qui tendaient à dominer la quasi-totalité du monde musulman. Le panislamisme repose sur le sentiment d'appartenance à la Cité musulmane fondée par Mahomet à Médine (622-632). Après la mort du Prophète fut instauré le califat, qui n'assura l'unité de la communauté (Umma ) qu'à peine un peu plus d'une vingtaine d'années. Celle-ci se brisa au temps du quatrième calife, Ali, et par la suite aucun successeur n'a régi la totalité des musulmans. Mais l'unité de la foi, des obligations cultuelles et des comportements sociaux ont fait de l'islam une sorte de fraternité sociale, par-dessus les frontières : la Cité musulmane. À la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème, sous l'influence de l'Occident, l'idée d'un califat, puissance spirituelle, sorte de papauté en islam, véritable hérésie du point de vue de l'orthodoxie musulmane, finit par s'accréditer. Le sultan Abdul Hamid II (1876-1909) tenta de regrouper par ce moyen, autour de son empire déclinant, l'ensemble des musulmans (Empire ottoman). La révolution jeune-turque de 1908 porta un premier coup au panislamisme : Turcs et Arabes s'orientent vers des nationalismes rivaux, fondés principalement sur la communauté de langue. La Première Guerre mondiale révéla quelques années plus tard la faiblesse de celui-ci (échec de la guerre sainte proclamée par le calife et, par contre, révolte arabe dirigée par les hachémites). Au lendemain de celle-ci, le démembrement de l'Empire ottoman, la proclamation de la République turque, la suppression du califat par Atatürk privèrent les peuples islamiques de l'espoir de voir rétablir une direction spirituelle et temporelle. Une série de congrès entre les deux guerres (notamment à La Mecque et au Caire en 1926 et à Jérusalem en 1931) constata l'impossibilité de rétablir sous une forme monarchique et théocratique l'unité musulmane. La communauté tendait à se fractionner en nations aux intérêts opposés. Le panislamisme trouva cependant une nouvelle voie dans le sous-continent indien. L'idée de réunir les Bengalis, Pathans, Baloutches, Sindhis et Pendjabis, musulmans parlant des langues différentes et possédant leurs propres traditions culturelles, née en 1930, aboutit le 14 août 1947 à la création du Pakistan. Mais il éclate en 1971 à la naissance du Bangladesh. Les inspirateurs de ce regroupement tentèrent dans les années 1950 de répéter leur expérience à l'échelle mondiale, utilisant divers moyens (activité culturelle, émancipation économique, solidarité religieuse, volonté des peuples, initiatives gouvernementales, etc.). Ils échouèrent, certains de leurs interlocuteurs arabes ayant adopté sous l'influence de dirigeants comme Nasser d'autres options : arabisme, anti-impérialisme, neutralisme les rapprochant de Nehru... Elles s'efforcent de réaliser une sorte de concert des nations islamiques (revues L'Afrique et l'Asie, Orient , Cahiers de l'Orient contemporain , Maghreb-Machrek , publiées à Paris). Ces initiatives butent sur la force des nationalismes régionaux ou locaux, sur la diversité des alliances internationales et des choix idéologiques ou économiques. L'idée panislamique resurgit ici ou là pour faire face aux pressions de l'étranger (sommets islamiques), s'opposer à l'expansion du rationalisme athée, soutenir des croyants opprimés, empêcher enfin la spoliation d'une terre considérée comme musulmane (Palestine).

Cam.

Remerciements à Cam


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