Il délie
Le 6 Août, François II, qui avait pris en 1804 le titre d'Empereur d'Autriche (suite aux victoires de Napoléon, à la formation de la Ligue palatine et à la dissolution de L'Empire Germanique) délie les Allemands de leur serment de fidélité à l'Empereur de Germanie. C'est la fin du Saint Empire Romain Germanique qui compte près de 8 siècles d'Histoire.
Le Saint Empire romain germanique marque la continuation, en Occident, selon
une forme originale et dans un cadre territorial particulier, de l'Empire
romain. Cet Empire avait disparu en 476, lors de la prise de Rome par les
Barbares Hérules et de leur roi Odoacre qui avait renvoyé à
Constantinople les insignes impériaux. Mais il avait été
lui-même restauré théoriquement entre 800 et 924 dans
l'Empire Carolingien. Ce fut une institution essentiellement
médiévale ; la suprême institution d'ailleurs,
puisque, apparu en 962 grâce à l'action d'Otton le
Grand, il prétendit très tôt être l'organisme
politique unique de la Chrétienté, qui avait vocation à
regrouper peuples, royaumes et principautés de l'Europe catholique
et à les gouverner conformément à la mission spéciale
que Dieu lui avait confiée.
Toutefois, cette prétention au " dominium mundi ",
qu'exprimèrent très rarement les empereurs eux-mêmes,
ne fut qu'une ambition idéale. En réalité, ceux-ci
dirigèrent l'Allemagne et l'Italie, ainsi que quelques
régions limitrophes, mais non le sud de la Péninsule où
se forma le royaume de Sicile. Aux XIème, XIIème et XIIIème
siècles, de sa fondation à l'année 1250, le Saint
Empire, dont la gloire était éclatante, représenta ainsi
une force singulière. Cependant, les plus brillants empereurs, Ottonides
avec les trois Ottons, Saliens avec Henri III et Henri IV, Staufen surtout
avec Frédéric Ier Barberousse et Frédéric II,
ne surent jamais s'imposer définitivement à l'Allemagne.
D'une part parce qu'ils ne purent pas instituer
l'hérédité de la couronne, qui était
conférée par l'élection des princes électeurs
et d'autre part parce qu'ils s'épuisèrent en
des combats harassants en Italie, où ils se heurtèrent à
l'esprit d'indépendance des villes. En 1250, la mort de
Frédéric II sonna le glas des rêves de domination de
l'Italie. Dès lors, l'Empire devint seulement allemand;
il en donna acte à l'histoire par la Bulle d'or de 1356.
Mais l'institution officielle durera jusqu'au XIX° siècle,
et même symbolique le titre est convoité par de puissants candidats
les querelles entre Charles roi d'Espagne et François Ier roi
de France en témoignent. Il échut alors, grâce aux relations
nouées avec les princes électeurs, à la dynastie des
Habsbourg, qui tenta de lui redonner de l'éclat, mais n'y
réussit pas en raison des contestations internes et de l'opposition
de la France. En 1648, les traités de Westphalie démembrèrent
l'Allemagne, et l'Empire cessa d'être un élément
de puissance ; il resta un titre prestigieux mais creux.
Postérieurement, en perdant la prédominance en Allemagne au
profit de la Prusse et en ne sachant pas résister aux menées
de la Révolution française et de Napoléon Ier, les Habsbourg
ne lui conférèrent aucun renom nouveau. Ils durent y renoncer
en 1806, date à laquelle mourut effectivement la vieille institution
médiévale, altérée depuis fort longtemps.
Cam.
Remerciements à Cam
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