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Lorsqu’une famille de sanglier sort des tailles, la mère marche en tête, suivit de ses marcassins à la queue-leu-leu, si drôle que l’on aimerait s’en approcher. Mais alors la laie paisible se transformerait en une bête furieuse prête à charger tête baissée. Car pour défendre ses petits, la laie n’hésite pas à charger l’homme ou les animaux plus gros qu’elle. Parfois elle y laisse la vie, mais le plus souvent, c’est l’assaillant qui est mal en point. Les groins des sangliers sont munis de deux solides défenses, armes dangereuses. Ajoutez à cela la grande taille et le poids (jusqu’à 200 kg) que peuvent atteindre les sangliers et vous comprendrez quel danger représente même pour l’homme, cet animal qui charge. Autrefois on ne chassait pas le sanglier au fusil mais à l’épieu et c’était un exploit que de frapper l’animal en pleine course. Il arrivait souvent que le chasseur soit grièvement blessé par la bête furieuse, harcelée par les chiens. Mais en général, le sanglier n’est pas agressif ; il préfère se réfugier au plus profond d’épais fourrés lorsqu’il repère un ennemi. Son ouïe et son odorat très fins lui permettent de déceler la présence de l’homme à des centaines de mètres. Pour fuir le danger, les sangliers bons nageurs n’hésitent pas à traverser les rivières. Ces animaux vivent de préférence dans les forêts épaisses en Europe, en Afrique du Nord et dans certaines régions d’Asie. S’ils n’ont pas totalement disparu malgré les chasseurs qui les traquent depuis toujours, c’est que les femelles sont très prolifiques. Chaque portée comprend de cinq à huit petits dont le corps est zébré de rayures horizontales qui ne disparaîtront pas la suite. Les marcassins sont gais, joueurs. Une fois sevrés, ils sortent de la bauge où ils sont nés et suivent leur mère quand elle se met en quête de nourriture. Les sangliers se nourrissent de fruits de la forêt : glands, champignons, noisettes etc. Avec leurs défenses, ils retournent la terre et déterrent les tubercules ou les racines tendres. A défaut, ils se contentent de feuilles, d’insectes, d’escargots ; quand règne la famine, ils s’attaquent au gros gibier, chevreuils ou faons. Ils pénètrent même dans les enclos à moutons ou ils s’attaquent à ceux-ci. Dans les terres cultivées, ils causent d’énormes dégâts, détruisant les récoltent, labourant le sol de leur boutoir. A la saison des amours, les mâles se combattent furieusement, avec des grognements de porcs enragés. Les vaincus quittent le troupeau ; ils deviennent des « solitaires ».